Pour accéder au texte correspondant, cliquer sur la photo de l'enfant
RODRIGUE
8 ans, autisme classique
Régime, ABA, nutrithérapie et chélation
ont sorti Rodrigue de l'impasse
Eczéma / asthme
Troubles du sommeil
Otites / antibiotiques à répétition
Diarrhées chroniques
Intolérance au lait et au gluten
Autisme classique
↓
Régime sans lait ni gluten
Nutrithérapie
Chélation douce
Education cognitivo-comportementaliste (ABA)
Scolarisation en milieu ordinaire
Après 5 ans de traitement biomédical et 4 ans d'éducation ABA, Rodrigue parle presque comme un enfant de son âge, suit le programme scolaire de sa classe d'âge, ne présente plus aucun trouble du comportement
***
"A 4 ans mon fils ne mangeait plus que des pâtes, du pain et des gâteaux. L'hypersélectivité était telle que, face au silence des instances thérapeutiques je me suis lancée tête baissée en attendant de trouver plus d'informations. Le régime a été pour lui le début de la diversification et de l'équilibre nutritionnel.
"Il vivait alors la période la plus noire de sa vie, ne parlant plus, stéréotypant toute la journée. Il criait sans arrêt, vocalisait de manière stridente. Et décollait toutes les étiquettes qu'il trouvait, déchirait les papiers peints, maculait les murs de sa chambre avec ses excréments, mouillait son lit, ne disait plus un mot, ne réagissait plus à ma voix, à l'appel de son nom, ne voulait plus de câlins, se déshabillait, furieux, comme si ses habits le blessaient.
On n'accrochait plus son regard".
Bébé, Rodrigue ne dort pas, ou du moins pas plus de 45 mn d'affilée. Trois ans de troubles du sommeil, deux ans de diarrhées chroniques lorsque sa mère cesse de l'allaiter à l'âge d'un an.
Depuis son sevrage à un an, il souffre d'une diarrhée chronique, d'asthme, d'eczéma sur tout le corps, d'otites séreuses à répétition qui se soldent par des 15 jours d'antibiotiques par mois entre un et 4 ans.
Malgré ces problèmes de santé et ses troubles du sommeil, il se développe normalement sur le plan du langage, des apprentissages, de la motricité.
Mais à deux ans le langage disparaît complètement et un comportement typiquement autistique se met en place : cris, stéréotypies, perte du contact oculaire.
Les diarrhées s'intensifient, l'alimentation se fait encore plus restrictive : pâtes et litres de lait. Puis vers quatre ans il cesse de consommer du lait en l'espace d'un mois pour mieux se limiter aux pâtes.
"Les médecins à qui j'en parlais y allaient de leur interprétation psychologique - "ce qui entre dans son corps et en sort est la seule chose qu'il peut maîtriser" - et autres blablas stériles".
Commence une prise en charge psychothérapeutique en CMP.
"Aux yeux du médecin psychiatre du CMP, Rodrigue n'était à l'époque rien du tout et surtout pas autiste : c'est moi sa mère qui allais mal. Quant à moi je n'avais pas la moindre idée de ce que pouvait être l'autisme, un TED, un trouble du comportement, une psychose infantile".
A trois ans Rodrigue n'est que très partiellement et difficilement scolarisé.
"Puis quelqu'un m'a communiqué des documents préconisant le régime SGSC pour les enfants présentant un certain profil, or Rodrigue collait parfaitement à la description des signes cliniques.
Rodrigue a déjà quatre ans et demi.
"J'entreprends des recherches auprès d'associations, prends rendez-vous avec trois médecins spécialistes, discute avec des parents pour et contre le régime, des parents me conseillent de me former, me parlent d'approches éducatives (TEACH).
Tout cela me permet de faire le point : je n'ai rien à perdre - Rodrigue ne mangeait plus ni viande ni poisson, ni fruits ni légumes -, je vais tester le régime.
En l'absence de changements sur le plan éducatif, j'allais pouvoir rapidement conclure à un lien entre l'alimentation et les changements survenus".
La mère de Karina a tenu un tableau de bord. En voici les grandes lignes :
"Mois 1 (décembre 2003) : augmentation très notable des crises de nerfs couplée à une meilleure perception de l'environnement : Rodrigue lève les yeux, pointe l'avion qui passe dans le ciel, ne crie plus, ne détruit plus, supporte de nouveau les vêtements. Son contact oculaire s'est amélioré.
Mois 2 (janvier 2004) : disparition de l'eczéma, de l'asthme, des otites ; Rodrigue me regarde, réagit à mon appel, ne mouille plus son lit ; les crises de colère ont disparu.
Mois 3 (février 2004) : réapparition du langage spontané qui à partir de là ne cessera de ce développer : "Aïe tu me fais mal !", "Laisse-moi tranquille", "Je veux un ballon".
Mois 4 (mars 2004) : introduction de la nutrithérapie. Un bilan biologique détaillé a conclu à diverses carences, une surcharge en aluminium et un taux de peptides urinaires à 90.
Mois 5 (avril 2004) : réapparition de l'eczéma, crise d'asthme, crise de nerfs, cernes violacées, explosion des stéréotypies ; un appel au service consommateur d'une marque de soupe cuisinée que je lui donnais depuis une semaine m'apprend la présence de lait dedans, non mentionné dans la composition. Retour à la normale dès éviction de cette soupe.
Mois 6 (mai 2004): chélation douce à base de TMD + bétaine pendant 6 mois.
Mois 7 (juin 2004) : Rodrigue a 5 ans et demi, nous mettons fin aux séances CMP.
Mois 10 (septembre 2004) : début d'une éducation ABA bancale (seulement 6 heures/semaines qui seront étoffées progressivement).
Mois 12 (novembre 2004) : trois mois de traitement contre le candida albicans, contrôle des vitamines et des minéraux, peptides à 30. Le profil se normalise.
Mois 18 (mai 2005) : 18 mois après l'introduction du régime strict sans gluten ni caséine, les diarrhées chroniques ont cédé, la flore intestinale est saine.
Mois 20 (juillet 2004) : reprise de la diarrhée, des crises de nerfs : Rodrigue a mangé une cracotte au chocolat à l'école.
Mois 22 (septembre 2005) : montée en puissance de l'ABA, à raison de 30 heures par semaine.
Mois 24 (décembre 2005) : sur le plan biologique le terrain est bien équilibré (contrôle des candida albicans, des vitamines, des peptides urinaires, descendues à 11) ; début
d'une chélation douce à l'acide alpha-lipoïque couplé au glutathion et au glycinate de magnésium".
Janvier 2008 : Rodrigue est aujourd'hui en CE2 à raison de 20 heures d’école avec AVS et 6 heures d’intervention ABA/VB + 6 heures de soutien scolaire.
"Avec le recul", estime Karina, "je constate que chaque incartade, y compris quand à mon insu je lui donne un aliment "contaminé" par le gluten ou un produit laitier s'accompagne d'une régression spectaculaire, du retour de l'asthme de l'eczéma alors même que les résultats des tests d'allergie classiques sont négatifs.
Je ne peux concevoir d'arrêter le régime tant les bénéfices ont été pour mon fils immenses et les régressions violentes.
Les premiers progrès je les attribue au régime, les suivants à l'ABA couplé au régime, et même si cela ne prouve rien d'un point de vue purement scientifique, je ne peux croire que le
régime n'y est pour rien dans les progrès de Rodrigue.
Je ne peux ne pas en parler quand j'ai face à moi un "nouveau" parent qui recherche de l'aide. Je sais trop ce que cela m'a coûté en énergie et en pertes de temps de ne pas avoir disposé plus tôt de suffisamment d'éléments pour faire un choix éclairé.
Mais oui, il faut un suivi médical. Cela aide à comprendre ce travail de longue haleine".
Karina Alt
|