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ANTOINE 5 ans, "psychose avec traits autistiques" Fuite du regard ↓
On l'aurait bien vu en IME il y a deux ans… mais pourquoi pas une école pour enfants précoces l'année prochaine?
Bébé, Antoine fuit le regard, regarde le plafond quand sa mère l'allaite. Petit enfant, il pousse des cris stridents, manipule plus qu'il ne joue. Un peu plus grand il s'exprime par écholalie, n'émet aucune demande. Entourage familial, médecin traitant rassurent la maman : "ça passera…". Pourtant un premier couperet tombe à 3 ans ½ : "psychose infantile avec traits autistiques". Le deuxième 6 mois plus tard, lorsque la pédopsychiatre du service hospitalier fréquenté préconise la déscolarisation et un IME.
C'est à la loi de février 2005 et la rencontre d'une mère d'enfant autiste sous traitement biomédical et scolarisé avec un accompagnement ABA qu'Antoine doit aujourd'hui que l'on se préoccupe de son CP… Sera-t-il susceptible de s'y ennuyer ? Une école pour enfants précoces serait-elle finalement plus adaptée pour la poursuite de sa scolarité ?
*** A trois mois, Antoine inquiète par son comportement. A l'âge de l'apparition du sourire-réponse, il apprécie le contact physique mais fuit le regard, scrute le plafond lorsque sa mère l'allaite. Il souffre également de coliques qui le perturbent. Sa maman, sage-femme, entame des séances de bain des Kinous qui l'aideront à se détendre et permettront des échanges de regard et des sourires. Un retard s'installe néanmoins : Antoine babille peu, s'isole, manipule les jouets plus qu'il ne joue. Ce n'est pourtant pas faute d'être cajolé par la nounou africaine qui le garde à la maison et le porte beaucoup. Un essai de garde partagée à 18 mois, alternée par quinzaine entre son domicile et celui d'un autre enfant se solde par des hurlements que la maman qualifie avec le recul "d'autistiques". Antoine sera de fait gardé seul jusqu'à 3 ans par la fille d'une amie psychologue. Il parle, mais uniquement par écholalie, ne formule aucune demande, ne dit pas "je". Entourage et médecin de famille se veulent rassurants : "Ca passera !". A la rentrée en petite section de maternelle, Antoine hurle pendant 3 mois, passe la moitié de son temps dans un coin de la classe ou dans les bras de l'institutrice ou de la directrice. "Ca va passer…", espère-t-on encore. Mais au bout de trois mois il faut se rendre à l'évidence : "ça" ne passe toujours pas. Antoine est bourré de stéréotypies, se cogne la tête contre les murs sur le chemin de l'école. Corps enseignant et parents sont désemparés. "Détendez-vous, capitaine", conseille un jour Antoine, féru des aventures de Peter Pan, à sa maman aux prises avec l'exaspération de la directrice de l'école. Commence alors la consultation d'un service hospitalier de guidance, à raison d'une visite toutes les trois semaines avec pédopsychiatre et parents. Le diagnostic est posé :"trouble psychotique avec traits autistiques". Après 6 mois d'observation et le constat du mal-être d'Antoine en maternelle, sa maman hésite à poursuivre la scolarité mais la pédopsychiatre insiste pour son maintien. Elle souhaite toutefois un avis complémentaire et adresse l'enfant à une psychologue américaine de l'hôpital, qui fait compléter à la famille les 27 pages d'un questionnaire de diagnostic de l'autisme. Les conclusions de ce questionnaire ne seront pas communiquées à la famille, mais entraînent un soudain revirement de la part de la pédopsychiatre : la poursuite de la scolarisation n'est finalement plus d'actualité, l'enfant a besoin d'intégrer un hôpital de jour. Membre de la FCPE, la maman d'Antoine a suivi le parcours scolaire d'un autre enfant autiste dont elle contacte immédiatement la mère. L'enfant a trois ans de plus qu'Antoine, et avec le recul sa mère exhorte la maman d'Antoine à fuir l'hôpital qu'elle fréquente et à renoncer sans hésitation à l'hôpital de jour… Elle lui parle aussi régime, une piste qui sera très vite exploitée. La maman d'Antoine passe ses nuits sur l'internet, contacte un médecin qui allait prendre en charge une structure pour l'autisme en région parisienne et lui fournit une liste d'IME à éviter en priorité. "Si l'hôpital de jour n'est pas approprié, pourquoi toutes ces listes d'attente partout ?", se demande-t-elle, perplexe. "Vous avez de la chance, il y a de la place au centre xxx", l'informe un jour la pédopsychiatre de l'hôpital. Il s'agit justement de la structure qui figure en tête des endroits à éviter en priorité si l'on s'en tient à la liste communiquée par le médecin. Elle ira quand même y rencontrer des professionnels qui lui tiendront le discours suivant : "On va recevoir l'enfant sans vous" avec en filigrane un message qu'elle perçoit d'emblée anesthésiant… "Ne vous inquiétez pas, vous ne savez pas vous y prendre, nous oui". Armée de ses douze années d'analyse et de son sens critique, la maman pose pourtant quelques questions triviales : "Quels sont vos résultats ? Quelle chance de renouer à terme avec la scolarisation ? Combien d'années de thérapie ?". "Mais enfin", lui répond-on, "tout cela est complexe, non évaluable…!" Aux antipodes du mal-être psychologique présumé de son fils, elle s'attaque dès le début de l'été à la piste alimentaire et supprime d'un trait gluten et lait, fait installer un système de filtrage de l'eau à son domicile. Elle attend la deuxième semaine des vacances pour ne pas voir ses observations faussées par l'arrêt de l'école. Les traits autistiques s'améliorent en une semaine, la constipation et l'eczéma, chroniques jusque là, s'estompent. D'ordinaire fatigué, cerné, pâle, Antoine a indéniablement meilleure mine. Encouragée par ces premières améliorations, la maman prend contact dès la rentrée en moyenne section maternelle avec l'association Ariane et fait réaliser un bilan, tant pour Antoine que sa sœur, dyspraxique. Les résultats sont similaires pour les deux enfants :
Des résultats qui l'interpellent à la lumière des pathologies qui "courent" dans la famille : son père maniaco-dépressif sévère, sa cousine qualifiée de psychotique, sa mère et sa tante qui souffrent de polyarthrite, sa fille de dyspraxie et donc le tableau biologique ressemble singulièrement à celui d'Antoine. Elle-même, qui présente des symptômes auto-immuns pour lesquels la mise en place d'un régime sans caséine lui permet depuis plusieurs années de limiter sa consommation de corticoïdes. Encouragée par les premiers résultats du régime et épaulée par la loi de 2005, la maman refuse définitivement l'hôpital de jour et entreprend de mettre en place des séances ABA en complément de l'école. Le traitement proprement dit commence quelques mois plus tard. A partir de là tout s'enchaîne : l'équipe pédagogique perçoit clairement les améliorations, Antoine aime l'école. Le traitement se poursuit au fil des mois par une chélation associée à des applications de vitamine MB12 transdermale, et Antoine est de plus en plus présent et en forme. La rééducation systématique du langage selon l'approche ABA l'aide beaucoup. S'il a encore beaucoup besoin d'être soutenu sur le plan relationnel, l'orthophoniste évalue à deux ans d'avance son potentiel cognitif : Antoine lit très bien, jouit d'une excellente mémoire, réinvestit, apprend anglais, est bon en mathématiques, en informatique. Il va entrer en CP à mi-temps et l'orthophoniste suggère aujourd'hui une poursuite de la scolarité dans une école pour enfants précoces afin d'éviter qu'il ne s'ennuie en CP.
*** Première année de traitement biomédical associé à une scolarisation à temps partiel et une rééducation ABA entre 4 et 5 ans Compte-rendu de la rééducation orthophonique
La rééducation orthophonique est hebdomadaire depuis octobre 2006, elle s'inscrit dans une prise en charge globale. Cette année, Antoine est scolarisé en grande section de maternelle avec accompagnement. Les progrès sont nets, tant au niveau du comportement de communication qu'au niveau des aspects fonctionnels du langage : l'incitation verbale est améliorée même si les séquences spontanées restent brèves, la parole est intelligible, et une informativité minimale est possible par choix pertinent de mots cibles. Contact / comportement Sur incitation de l'adulte, Antoine regarde davantage son interlocuteur, et son orientation corporelle lors du dialogue est plus adaptée. Il a cependant encore du mal à prendre des indices (mimiques) sur le visage de son interlocuteur, les événements doivent lui être explicités. Spontanément, l'enfant en encore tendance à l'isolement : il se saisit d'un livre ou d'un jouet, reproduit des modèles à distance, fait des commentaires ou lit en oralisant. Sur proposition de l'adulte, Antoine quitte désormais plus facilement son activité. Certains comportements répétitifs et peu adaptés à l'échange persistent : Antoine répète des séquences, bute sur les finales des mots... On note également des ruptures de contact et d'attention, principalement dans des situations très verbales, fatigantes pour l'enfant. Les seules situations ludiques sont largement dépassées, Antoine s'installe facilement à la table pour les activités dirigées. L'actualisation des acquis est adaptée. Articulation / parole Le phonétisme est complet et la parole tout à fait intelligible. Les capacités réceptives sont améliorées puisqu'Antoine peut aujourd'hui améliorer ses productions à la répétition. Stock lexical Les centres d'intérêt de l'enfant sont larges et Antoine s'efforce de comprendre des termes nouveaux : il interroge son interlocuteur sur les significations mais aussi sur les situations dans lesquelles ont peut utiliser les mots qu'il apprend. Les progrès sont nets pour la compréhension des termes polysémiques et des termes abstraits (sentiments, émotions...) travaillée avec le support de bandes dessinées.
Octobre 2006 Janvier 2007 - EVIG, forme A : NB=12, SN=75 NB=50, SN=102 Capacités syntaxiques expressives Les répétitions de tirades à distance sont dépassées. Les commentaires lors du jeu, d'une activité ou d'une lecture sont désormais autonomes et l'expression des sentiments permet de réguler les comportements (exemple : "j'entends des bruits, j'aime pas"). Sans support, le discours reste cependant bref, et Antoine doit être encouragé pour s'exprimer par phrases complètes. Il a également tendance à adopter plusieurs rôles simultanément : il pose les questions dont il connaît les réponses. L'acquisition des éléments syntaxiques est régulière, en particulier grâce aux actions commentées et aux illustrations de situations, Antoine a acquis les propositions spatiales, l'expression de la cause, de la conséquence, du but, de la condition, la distinction des genres et du nombre, les comparaisons... Les hésitations s'observent encore principalement au niveau de l'expression des éléments temporels, d'où des difficultés dans le récit et la mise en lien des événements. Des histoires en images viseront désormais à soutenir les productions.
Octobre 2006 Janvier 2007 - TCG : NB=9, SN=3 NB=22, SN=7 Capacités réceptives L'attention auditive, les discriminations et la compréhension des éléments verbaux ont beaucoup progressé. Antoine peut désormais répondre aux ordres du quotidien, réaliser une consigne énoncée verbalement sans support, à condition de son attention ait été sollicitée. Avec support d'images, les distinctions syntaxiques sont possibles, en particulier les mots interrogatifs sont aujourd'hui distingués. Lors des désignations d'images en choix multiples, seules les items longs ne sont pas réussis, ce qui confirme la fatigabilité de l'enfant face aux informations auditives verbales. Les grands progrès permettent à Antoine de mieux anticiper les événements, d'où une amélioration de l'adaptation comportementale.
Octobre 2006 Janvier 2007 - O-52 : NB=19, SN=4 NB=43, SN=12 Capacités cognitives / jeu
Lecture Elle s'est développée grâce à l'excellent indiçage visuel de l'enfant et elle soutient aujourd'hui la compréhension d'Antoine. En effet, la lecture est fonctionnelle, au moins au niveau de la phrase. Elle est utilisée comme support pendant la rééducation. Conclusion Les progrès d'Antoine sont réguliers, tant pour l'adaptation comportementale en situation d'échange (jeu, dialogue, situation contrainte) que pour l'acquisition des éléments de langage au niveau lexical et syntaxique. La poursuite de la rééducation vise à étoffer la compréhension verbale pour les items longs et l'organisation du récit en utilisant le support de situations illustrées. *** Compte-rendus de la psychologue ABA 4 ans
Antoine est âgé de 4 ans lors du début de l’accompagnement psycho-éducatif à domicile. Des consultations à l’hôpital xxx ont pu mettre en évidence un Trouble Envahissant du Développement. Il a récemment effectué un bilan psychologique dont les résultats ne sont pas encore connus. Il est scolarisé depuis l’année 2005. Il est actuellement scolarisé à mi-temps au sein d’une école ordinaire dans une classe de petite et moyenne section de maternelle. Durant les quatre matinées, il est accompagné en classe par une institutrice spécialisée à la retraite. Les mardis, jeudis et vendredis après-midi, il bénéficie d’une prise en charge psycho-éducative à domicile. Il est de plus suivi par le Dr x, pédopsychiatre. Aucune autre prise en charge n’est instaurée pour l’instant. Jusqu’à ce jour, trois séances d’accompagnement ont pu être réalisées. Antoine a accès au langage. Il est un enfant qui peut entrer en relation avec l’autre. Le maintient de son attention sur une activité dépend de la nature de celle-ci. On observe plus de dysrégulation de l’attention lorsqu’il est face à une activité qui le met en difficulté. Il peut en effet jouer pendant une demi-heure à des jeux d’eau ou d’ordinateur et ne maintenir son attention que quelques secondes sur une activité de graphisme ou de puzzle. Antoine est assez intolérant à la frustration et au changement, il peut alors se mettre en colère, se rouler par terre et donner des coups de pieds. Néanmoins, il peut être facilement calmé par la présentation d’un objet attractif qui détourne son attention. Lorsqu’il réalise une activité, il se montre sensible aux encouragements et aux félicitations. Il peut aussi tenir compte des indications verbales de l’adulte pour atteindre son but. Un système de travail sur table a été mis en place afin qu’Antoine puisse se préparer aux impératifs futurs de l’école. Néanmoins, le temps de travail assis est assez bref compte tenu du jeune âge de ce dernier. Il est à noter qu’Antoine accepte à présent plus aisément d’accéder à cette demande et reste à table jusqu’à la fin de l’activité de plus en plus souvent. En ce qui concerne les autres activités, le cadre est moins structuré, favorisant une approche ludique et peut se dérouler à même le sol dans la chambre ou le salon. Parmi les activités déjà réalisées depuis le début de la prise en charge, il est possible de distinguer plusieurs grands domaines. IMITATIONAntoine fait preuve de capacité imitative tout à fait satisfaisante au niveau vocal. Il sait imiter les cris d’animaux, les bruits de trains, de klaxon… Au niveau verbal, on peut noter des écholalies immédiates et différées de mots ou de phrases qui se réfèrent à des dessins animés ou des livres par exemple mais aussi de phrases de la vie quotidienne. En revanche, quand il prononce une phrase incorrecte au niveau grammatical ou syntaxique par exemple, il est très efficace pour répéter les modifications faites par l’adulte. Au niveau gestuel, Antoine réussit à imiter des gestes simples avec son corps et ses membres. Il est cependant en difficulté pour les imitations faciales de toutes les émotions où il observe l’autre mais n’ébauche pas de mime. PERCEPTIONOn peut observer d’assez bonnes aptitudes de perception, Antoine est très vif dans la recherche de bulles pour les faire éclater. Il commence à reconnaître son prénom parmi d’autres mais cela dépend encore de son apprentissage de la lecture émergente. Un loto des animaux a été présenté mais sans succès, on peut préciser que cette activité a été proposée en fin de journée et qu’Antoine devait être fatigué. MOTRICITEAntoine sait taper dans un ballon avec le pied gauche mais il ne vise pas de direction particulière, ce jeu l’amuse particulièrement. Il ne réalise pas d’échange manuel de la balle. Il sait suivre un parcours avec un pied de chaque côté d’un obstacle. Il aime sauter à pieds joints et escalader, il peut également sauter sur un pied. Les déplacements particuliers tels que ramper, faire de petits ou grands pas ne sont pas encore réussis mais on constate des ébauches du geste. MOTRICITE FINELe graphisme met Antoine en difficulté, il se désintéresse d’ailleurs très rapidement de cette activité où il est particulièrement distractible même avec une aide gestuelle. Il en est de même pour le coloriage bien que l’on puisse remarquer que sur sollicitation (pointage) il choisi les bonnes couleurs pour reproduire le modèle. COORDINATION OCULO-MANUELLELes activités d’encastrement et de puzzle de quatre pièces sont en émergence. Antoine bénéficie des indications verbales de l’adulte pour repérer la bonne pièce et pour la tourner afin qu’elle s’encastre. Il est par contre capable de faire seul une tour de légos. Avec la pâte à modeler, il réussit à faire un boudin et une galette après démonstration et aide gestuelle pour avoir plus de force. PERFORMANCE COGNITIVEAntoine connaît les lettres de l’alphabet et commence l’apprentissage de la lecture. Pour l’aider dans cet apprentissage, il utilise seul un logiciel informatique éducatif pour lequel il manie parfaitement bien la souris. Il aime beaucoup cet outil et peut l’utiliser de manière stéréotypée en faisant répéter un grand nombre de fois la même phrase. L’intervention de l’adulte permet de restructurer les activités bien qu’il y ait une importante résistance au changement. Antoine connaît tous les chiffres de 1 à 10, il sait compter quatre éléments mais a besoin d’aide gestuelle pour compter au-delà car il a des difficultés pour s’organiser dans le pointage. Il peut réaliser des tris par forme, taille et couleurs mais l’intervention de l’adulte peut être utile pour répéter la consigne en cours d’activité. Enfin, un travail sur la représentation spatiale a été amorcé en travaillant notamment sur les notions de "sur", "dans" et "à coté". COMPETENCES VERBALESAntoine possède un langage à valeur communicative, il est compréhensible mais la structure des phrases reste aléatoire. Il utilise peu le "je" mais l’utilise si on le corrige. Il en est de même pour les notions de "toi" et "moi" qui sont actuellement travaillées. On a déjà mentionné la présence d’écholalies dans les productions verbales, de même que quelques stéréotypies verbales. Il possède un vocabulaire assez varié et peut décrire les éléments présents sur une image. Il sait faire des requêtes mais il est généralement nécessaire d’initier la demande. De même il peut répondre à des questions fermées mais il est important pour cela de bien capter son attention. Il a une bonne compréhension verbale. AUTONOMIEL’autonomie personnelle est acquise au niveau de l’alimentation et de la propreté. SOCIABILITEAntoine possède le jeu symbolique. Il est capable de substituer un objet à un autre, néanmoins il ne met pas encore en scène spontanément deux éléments. Il accepte par contre la participation de l’autre dans son jeu. Le regard d’Antoine est plutôt fuyant mais il est à noter qu’il peut aussi être de bonne qualité, notamment dans des conditions de plaisir partagé face à quelque chose d’amusant. CONCLUSIONAu vu des différents éléments, on peut distinguer des points forts tels que l’autonomie personnelle, des performances cognitives et de la motricité. Il pourrait être intéressant de travailler néanmoins la motricité fine avec le graphisme. L’imitation faciale et un travail sur l’expression des émotions sont également à favoriser. Enfin, il serait de plus intéressant d’initier la reconnaissance des lettres de son prénom.
Un travail de répétition des
activités est important à la fois pour les
domaines acquis dans le but de
renforcer les compétences dont Antoine fait preuve.
D’autre part, ce travail
est également nécessaire pour la mise en
œuvre des compétences émergentes. 4 ans ½ - 5 ans ½ "En ce qui concerne la prise en charge dont bénéficie Antoine, aucun changement n’est à noter par rapport au dernier compte-rendu. Il est toujours accompagné à l’école le matin et bénéficie d’une prise en charge psycho-éducative les après-midis. Une rééducation orthophonique est réalisée une fois par semaine. Antoine progresse toujours notamment dans le domaine de la communication verbale. En ce qui concerne les activités réalisées, il peut à présent en enchaîner un plus grand nombre dans une seule séquence de travail assis à table. Il lui arrive encore régulièrement de refuser dans un premier temps l’activité proposée mais cette tendance semble diminuer un peu. De plus, même lorsqu’il dit refuser l’activité il vient quand même s’asseoir à table plus fréquemment et presque instantanément. Le refus verbal est dans ce cas repris en modifiant le "je ne veux pas…" en je vais…" car il est probable qu’il y ait toujours une inversion de la forme de phrase. Nous avions signalé dans un autre compte-rendu une confusion occasionnelle entre "je vais", "je ne veux pas" ou encore "j’ai fait". On peut remarquer qu’il initie de plus en plus souvent une demande d’activité désirée. Quand sa demande ne peut pas être satisfaite, il peut en général se contenter de la raison qui lui en est donnée ou attendre le délai qui lui est imposé. Il arrive également qu’il recherche un objet désiré se référant en général au métro ou au train et que cet objet reste introuvable, il parcourt alors calmement l’appartement en disant qu’il cherche mais peut aussi sans problème être détourné vers une autre activité. Face à l’échec, Antoine a tendance à abandonner l’activité rapidement, il faut alors lui proposer rapidement une aide avant qu’il ne quitte la tâche. Il est toujours très sensible à la réussite, il se montre très satisfait lorsqu’il est félicité à la maison et à l’école où il se sert de ses compétences pour être plus à l’aise. Il est à noter que depuis récemment, Antoine ne ramène plus de travail de l’école car il accepte à présent de réaliser le travail individuel au sein de la classe. Les activités qu’il a réalisées en classe sont pour certaines appréciées (peinture par exemple) mais d’autres ont pu lui poser plus de difficulté (comme le graphisme). Cette attitude est à encourager pour faciliter son intégration en classe supérieure. Nous allons à présent détailler les activités réalisées par Antoine dans les divers grands domaines. IMITATIONCe domaine est entraîné régulièrement afin de maintenir les acquis, cependant Antoine étant en général assez performant en imitation, aucune évolution importante n’est à signaler. Les écholalies sont toujours présentes mais il est possible de l’interroger à propos de celles-ci pour savoir de quelle histoire il parle, qu’est-ce qu’il se passe ensuite dans l’histoire. Les réponses qu’il donne alors peuvent être informatives bien qu’elles soient peu développées. Le changement le plus notable concerne l’imitation des émotions. Il sait à présent imiter globalement les attitudes content, apeuré, triste, en colère et fatigué". Il peut imiter avec plaisir ces mimiques sur demandes verbales ou en imitation de cartes émotions. Ces cartes sont en fait des photos de diverses personnes mimant différemment les émotions déjà citées. On peut préciser qu’il y a quelques semaines, Antoine refusait catégoriquement de voir ces cartes. Certaines cartes de colère notamment lui font encore peur mais il peut les regarder malgré tout. De plus, on peut remarquer qu’il ne se cache plus lorsqu’il voit un personnage pleurer ou en colère dans un livre connu ou inconnu. PERCEPTIONAntoine peut maintenant jouer au domino des chiffres jusqu’à 5, une guidance de l’adulte reste toutefois nécessaire pour cadrer son jeu. Il en a bien compris le principe même s’il lui arrive de placer sa carte au milieu du jeu quand il ne peut pas la placer ailleurs. Sa compréhension de la notion de prise de tour est émergente. Il aime particulièrement un jeu d’organicube. Il s’agit de réaliser une construction à l’aide de cubes de couleur en fonction d’un modèle sur carte. Un accompagnement verbal est souvent indispensable pour organiser la construction. Cette activité permet de travailler les notions de "SUR" et "A COTE" abordés en séance d’orthophonie. Il peut également se familiariser avec la progression de gauche à droite qui lui sera utile pour l’écriture. Un jeu de repérage d’intrus parmi d’autres objets a été proposé mais cette notion est à l’heure actuelle trop compliquée. Il faut alors travailler dans un premier temps la notion de similarité puis de souligner une différence avant de pouvoir revenir à la notion d’intrus. MOTRICITEAntoine peut réaliser un parcours en enchaînant les sauts à pieds joints au-dessus d’obstacles, en marchant à quatre pattes sous une chaise, en marchant sur une corde ou avec un pied de chaque côté, etc… Il aime beaucoup cette activité et mémorise l’enchaînement très facilement. Il peut s’appliquer un peu plus pour lancer un ballon dans un panier de basket-ball mais cette activité est favorisée quand Antoine est trop excitable et qu’il jette divers objets en l’air. De ce fait, quand il lance le ballon il a tendance à sauter sur place simultanément ce qui complique la visée. Il sait très bien monter les escaliers en alternant les pieds, cela peut être plus aléatoire pour la descente. Il y arrive plus facilement lorsqu’il tient la main à deux personnes. MOTRICITE FINEAntoine tient toujours spontanément les crayons en utilisant la pince marteau, il peut cependant repositionner plus facilement les doigts correctement sur simple indication verbale. Il est à souligner qu’Antoine tient mieux le crayon avec l’aide d’un support en plastique placé sur le crayon et qui facilite la préhension. Malgré une préférence spontanée pour la main gauche, il alterne régulièrement la tenue du crayon avec la main droite. Il sait à présent les écrire toutes les lettres de son prénom. Les lettres sont encore de grande taille et il commence à les écrire spontanément les unes à la suite des autres. Il sait également écrire la lettre "M" et commence à apprendre le "R" et le "U" car il demande lui-même à écrire "METRO" et "MIAOU". Pour faciliter son apprentissage des lettres et des chiffres, des pointillés à repasser ont été présentés mais Antoine n’est pas sensible à cette technique qui a donc été abandonnée pour l’instant. Le dessin du bonhomme n’a pas évolué depuis le dernier compte-rendu. Il peut arriver qu’Antoine demande à faire un coloriage, auquel cas il sait précisément lequel il veut faire. Il a toujours quelques ruptures d’attention lors de cette activité. Antoine aime particulièrement la peinture. Il est d’ailleurs demandeur à l’école où il peint sans avoir de consigne par exemple le soleil, les nuages, l’herbe, il commente alors ce qu’il fait en étant visiblement content de lui. COORDINATION OCULO-MANUELLESes aptitudes en découpage n’ont pas vraiment évolué, il a tendance à couper plus ou moins au même endroit. Une aide verbale ou visuelle peut s’avérer nécessaire. Il peut réaliser des encastrements et des puzzles de 9 pièces. Il faut alors une guidance importante car Antoine ne se base toujours pas sur le dessin représenté mais sur la forme générale de la pièce, de plus il n’est pas très précis dans l’emboîtement de la pièce. Cette activité est à perfectionner. Antoine a découvert des planches en carton représentant des personnages et qui sont perforées. Le but est alors de faire passer un lacet dans les trous afin de compléter le dessin en faisant par exemple les cordes d’une harpe ou le jet d’eau d’une douche. Il est particulièrement performant dans cette activité qui demande une manipulation très précise. Il plante le lacet, retourne la carte et tire sur le fil sans aucune aide, l’adulte n’intervient que pour pointer le trou suivant. Antoine est très concentré lors de cette réalisation et est très fier une fois l’exercice achevé. PERFORMANCE COGNITIVEEn ce qui concerne les lettres, Antoine qui connaît l’alphabet en lettre capitale est actuellement familiarisé avec la reconnaissance des lettres cursives. Il connaît les voyelles et lui est proposé pour l’instant toutes les lettres jusqu’à "j", certaines ne sont pas encore acquises et nous passeront à de nouvelles lettres dès qu’il maîtrisera ces dernières. Il peut prononcer la lettre indiquée et proposer un mot commençant par cette lettre (par exemple : "f" comme fromage ou fleur). Enfin, une association consonne-voyelle commence à être abordée. Après avoir demandé à Antoine d’identifier une carte consonne (B, T, V…) puis une carte voyelle, les deux cartes sont accolées et pointées. Antoine répond de manière aléatoire mais on note un effet d’apprentissage car il se montre bien plus efficace en fin de série qu’en début. Antoine reconnaît tous les chiffres écrits de 1 à 29. De plus, il sait faire des petites additions sur ses doigts (par exemple : 3 + 2, 5 + 4). Il aime beaucoup les livres et peut demander à feuilleter ou demander qu’on lui lise un livre en particulier. Il est très sensible à ce support et très concentré et intéressé même face à un nouveau livre. Il mémorise alors très vite le récit s’il est assez court et peut le restituer seul quelque temps après. En général, il ne se cache plus lorsqu’un personnage pleure et regarde assez attentivement. En revanche, il s’est caché les yeux et s’est éloigné face à un dessin d’une petite fille qui pleurait après avoir reçu une fessée de sa maman à la suite d’une bêtise. Il sait à présent imiter la colère dans un jeu mais cette image est encore vécue de façon trop affective. COMPETENCES VERBALESDans le domaine de la communication, les indications de lieu sont toujours travaillées (derrière, sur, à côté…). Antoine fait encore des erreurs lorsqu’il utilise ces notions spontanément, cependant les confusions sont de moins en moins fréquentes. Il est toujours sollicité quotidiennement afin de raconter ce qu’il a fait le matin ou la veille. Il est encore généralement indispensable de le guider grâce aux questions posées mais globalement ses phrases sont de plus en plus explicites. Il lui est possible occasionnellement d’évoquer seul d’emblée un événement qui l’a marqué. Il peut donner certaines précisions sur demande. Antoine fait toujours des commentaires à unique valeur communicative pour dire qu’il joue, qu’il est dans la salle de bain… il précise mieux les choses comme par exemple en sortant de la salle de bain en se tenant le coude, il peut dire qu’il s’est cogné le coude contre la baignoire. Il demande également régulièrement de faire seul une activité qu’il aime comme feuilleter un livre. AUTONOMIELe verre a remplacé le biberon pour le goûter. Antoine se sert toujours le lait seul et s’il en renverse, il va chercher l’éponge pour essuyer. Il est en train d’apprendre à débarrasser son verre et son assiette dans le lave-vaisselle une fois le goûter terminé. Il apprend à fermer la fermeture éclair de son manteau mais pour l’instant il place sa main au mauvais endroit c’est à dire que quand il doit fermer il tient le tissu du blouson presque au niveau du col ce qui lui pose des difficultés pour la fermeture. Il commence aussi à apprendre à fermer des gros boutons de veste. Le but est ici de favoriser l’autonomie pour s’habiller, il serait intéressant à l’avenir de lui apprendre progressivement à mettre seul ses sous-vêtements par exemple. Il sera alors nécessaire d’être très présent dans la guidance gestuelle au début puis de moins en moins actif au fil du temps. SOCIABILITEAntoine aime de plus en plus jouer avec un autre enfant. Il est très demandeur pour jouer avec sa sœur mais à présent il aime à jouer aussi avec des camarades de classe mais parfois aussi avec des enfants inconnus au square. Bien que les jeux soient encore de courte durée, ils sont d’assez bonne qualité dans le temps d’interaction. Il est à noter qu’un objet médiateur reste utile pour aider à l’échange (ballon, voiture, train…). Il aime toujours le jeu symbolique et le jeu de cache-cache qu’il réclame à faire tous les jours. Il change maintenant plus facilement de cachette mais a toujours tendance à se montrer avant d’être découvert car il est particulièrement enthousiaste et ce jeu le fait beaucoup rire. Il aime tout autant compter puis chercher l’autre mais a tendance à s’inquiéter s’il ne trouve pas rapidement. Antoine aime beaucoup les comptines et est très sensible aux encouragements et aux félicitations. Il chante de lui-même ou sur demande les chansons et comptines qu’il connaît, y compris celles apprises à l’école. CONCLUSIONAu vu des différents éléments, on peut indiquer que le domaine de la motricité fine est toujours à travailler afin de maîtriser la tenue du crayon et des ciseaux. En ce qui concerne le graphisme, on peut maintenant lui demander d’écrire mieux les lettres et d’écrire de taille un peu plus réduite. De la même manière, en ce qui concerne le dessin du bonhomme, on peut perfectionner le graphisme un peu approximatif et favoriser l’introduction de la couleur. Il est important de continuer à le faire verbaliser sur ses expériences du matin ou de la veille et de corriger si nécessaire la construction de la phrase. On peut à présent lui demander d’être un peu plus précis dans ces récits. Enfin, il serait intéressant de mettre en place progressivement l’autonomie pour s’habiller." |
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